L'histoire de Trevor

Mais je savais que la greffe serait la meilleure solution. À ma grande surprise, une amie m’a un jour proposé de me donner un rein.

Les personnes greffées ou en attente d’une transplantation connaissent bien cette angoisse d’attendre « l’appel ». Pendant quatre ans, j’ai espéré ces mots, qui sont finalement venus, le 7 août 2007 : « M. Umlah, nous croyons avoir trouvé un donneur pour vous. Venez immédiatement à l’Hôpital général de Toronto. » Après 39 ans passés à voir ma santé décliner à cause de la fibrose kystique, j’ai finalement eu la chance de recevoir un don de vie unique : des poumons neufs! À partir de ce moment, je me suis concentré sur mon rétablissement, profitant de cette seconde chance pour faire de ma vie une extraordinaire expérience!

 Même dans mes rêves les plus fous, je ne pouvais imaginer que je pourrais à nouveau jouer au hockey mais six mois plus tard, alors que je demandais au médecin responsable de la transplantation si je pouvais reprendre ma position de gardien de but, il m’a surpris : « Absolument, mais assures-toi de porter un bon équipement protecteur pour ta poitrine ! » Trois jours plus tard 17 secondes seulement après le début de la première partie, je recevais un lancer en pleine poitrine ! En 200 parties, je n’ai jamais reçu de coup plus fort ! Heureusement, mon équipement protecteur et mon grillage de titanium se sont avérés très efficaces. Nous avons perdu 7 à 1 mais pour moi, c’était comme si j’avais gagné la coupe Stanley et une médaille d’or aux Olympiques. Je venais de franchir une étape cruciale!

 Quelques semaines plus tard, j’ai reçu un autre « appel ». Cette fois, c’était des Elmira Jackals, de la ligue de hockey de la Côte est (East Coast Hockey League), qui soutient depuis longtemps la cause du don d’organes. « Trevor, m’ont-ils dit, nous serions heureux que tu sois des nôtres au camp de sélection des pros en septembre. » Est-ce que ça pourrait être le début de mon cheminement vers le monde prestigieux du hockey professionnel ? J’aurai 43 ans quand je sauterai sur la glace de ce camp de hockey – le même âge qu’avait Gordie Howe quand il s’est retiré pour la première fois de la LNH en 1971, après presque 1700 parties de saison régulière ! Il a fait par la suite un retour couronné de succès avant de finalement prendre sa retraite, à 52 ans.

 À n’en pas douter, JE NE SUIS PAS GORDIE HOWE. Et je n’ai pas l’intention de me mettre dans l’embarras avec les Elmira Jackals. Mon but n’est pas de faire l’équipe, mais de démontrer la qualité de vie qu’on peut avoir après une transplantation. Suite à mon récit, si une seule personne s’inscrit comme un donneur d’organes ou de tissus ; si une seule personne qui se retrouve à l’étape où son organe malade est en fin de parcours accepte une greffe ; si une seule personne qui a un proche vivant une situation extrêmement difficile décide de consentir au don d’organes, si un seul enfant aux prises avec la fibrose kystique retrouve l’espoir en entendant mon histoire, j’aurai compté un but!